19 wings testées!

19 AILES AU BANC D’ESSAI

Dès mi-mai 2020, grâce à la réouverture de certaines plages et des conditions idéales pour effectuer plusieurs séries d’essais sur l’eau, il nous a été possible de tester en wingfoil 10 ailes disponibles sur le marché. Puis nous avons pu tester 9 autres modèles en octobre lors d’une 2ème session de tests.

MODÈLES TESTÉS

F-ONE SWING 4.2
DUOTONE ECHO 4.0
ENSIS 4.5
NAISH WING SURFER S25 4.6
OZONE WASP V1 4.0
CABRINHA CROSSWING V1 4.0
TAKUMA WING RIDE V3
4.0 TAKOON WING 4.0
RRD WIND WING 4.0
HB FLAIR 4.0
SLINGSHOT SLINGWING V2 4.4
NSP 4.0
SMIK 4.0
GA AIR WING 4.2
ZEEKO YPSILON 4.0
SLINGSHOT SLINGWING V1 4.2
POWERFOIL EAGLE 4.2
KORVENN 4.0
SROKA 4.0

 

Dans un premier temps, nous avons décidé de nous focaliser sur un test d’ailes dans une surface de 4.0, la surface la plus vendue mais aussi la plus « intermédiaire ». Nous voulions un test qui soit simple, objectif, avec des critères faciles à évaluer et à vérifier par rapport aux informations données par les différentes marques sur leur modèle. Nous n’avons pas voulu entrer dans des détails trop techniques dans le seul et unique but de coller à l’esprit de la pratique du wingsurf: accessible, facile, ludique et fun! Différents riders de différents niveaux et gabarits ont participé à ces tests pratiqués dans des conditions très  variées, afin d’obtenir des retours uniques et différents.

Nous espérons que ces fiches permettront de vous éclairer si vous vous lancez dans l’aventure, ou simplement si vous souhaitez changer votre première aile pour une autre.

Nota: Certains modèles/marques n’apparaissent pas dans ce test pour plusieurs raisons. Soit le modèle de la marque n’était pas encore disponible (Surf Pistols Fly Wing, Eleveight…), soit nous n’avons pas eu de retour suite à notre demande (Airush…), soit ce n’est pas dans leur politique commerciale (Gong).

 

CONDITIONS
Ouest (onshore): mini 12 nds à maxi 30 nds, plan d’eau agité avec houle de 50 à 100 cm
Est (offshore): mini 10 nds  à maxi 30 nds, plan d’eau ultra plat

 

8 testeurs, de 68 à 82 kg, du débutant en foil au confirmé.

CRITERES DE NOTATION
Nous avons sélectionné ces critères pour remplir nos fiches au fil des tests:
Poids/prise en main: C’est un critère que nous avons trouvé important de noter également car d’un modèle à l’autre, cela change radicalement dès la prise en main à terre, puis sur l’eau. Sur l’eau, une aile légère est appréciable, surtout à bas régime dans le vent irrégulier, mais surtout en mode « surf » lorsqu’on la tient à une main. Le poids de chaque aile a été mesuré précisément par nos soins APRÈS les tests.
Puissance/nervosité: La puissance que dégage une aile est un critère important pour pouvoir déjauger rapidement à la moindre risée. D’un modèle à l’autre, cela peut changer du tout au tout! Certaines sont plus nerveuses et délivrent une puissance directe dès qu’elles prennent le vent, alors que d’autres demandent plus d’énergie au « pumping » pour déjauger.
Vitesse/équilibre/contrôle: Il nous a semblé également nécessaire de noter ces critères. Il était intéressant de vérifier puis comparer la vitesse et l’équilibre global des ailes une fois lancé à pleine vitesse, ainsi que leur tenue et leur contrôle dans les rafales et le vent plus fort.
Maniabilité: La maniabilité reste un des critères importants lors des virements de bord, jibes et autres manoeuvres de base. L’aile doit être facile à manier et à reprendre en main.
Neutralité: La neutralité de l’aile est sa qualité à se faire oublier lorsqu’on la tient d’une seule main par la poignée avant du bord d’attaque, essentiellement en descendant la houle du large (« downwind ») ou en mode « surf » en foil.

 

INFOS ENVERGURE/LARGEUR ET POIDS
Il était super intéressant de noter les différences d’envergure et de largeur entre les ailes. Certaines sont très élancées, d’autres super compactes. Ce qui influe forcément sur l’équilibre et la maniabilité. Afin de ne pas influencer les ressentis des testeurs, ces mesures – tout comme le poids des ailes – ont été effectuées une fois les tests complètement terminés. Reportez-vous à cette page pour retrouver les infos complètes.

 

FICHES TECHNIQUES

Marque : NAISH
Modèle : Wing Surfer S25
Surface : 4.6
Poids annoncé/constaté : 2.5 kg / 2.43 kg
Poignées : oui – 8 alignées le long du boudin central + 3 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : oui – de chaque côté du boudin central
Leash : oui – 155 cm type surf avec velcro simple
Pompe : fournie
Sac : type « saucisse » 120x35cm – tissu dacron fin
Prix : 799 €

Cette nouvelle Wing Surfer V2 en 4.6 vient en remplacement de la 4.0 de l’an passé. Il faut le savoir! Facile à gonfler en mode « One Pump », l’aile semble assez légère dès la prise en main sur la plage. Le creux est marqué. On note des renforts en kevlar conséquents dans les endroits les plus sensibles, ce qui est un bon point par rapport au reste des ailes testées. Sur l’eau, ce n’est pas la plus réactive au « pumping » avec un profil que l’on sent beaucoup plus souple que la moyenne. Pour déjauger rapidement, il faut en fait une bonne rafale et de l’énergie au « pumping » mais une fois lancée, la Wing Surfer affiche de bonnes performances et c’est à haut régime dans le vent soutenu qu’elle s’exprime le mieux, avec un bon contrôle. Mais par rapport à ses concurrentes, la Naish demande un peu plus de temps pour trouver le bon équilibre en mode « freeride », tout comme en maniabilité où l’aile pivote moins vite que d’autres dans les transitions. Du fait d’un grand nombre de poignées (8), on est souvent à chercher la bonne pour être bien calé. En neutralité, la Naish affiche un bon comportement malgré son poids et reste plutôt bien équilibrée en vol. On a beaucoup apprécié les fenêtres qui n’existaient pas sur la V1. Elles sont larges et offrent une excellente visibilité sous le vent. Dernier détail, on aurait apprécié un leash « élastique » car celui qui est fourni, de type surf, s’enroule parfois autour du bras ou du cou lorsque l’on remonte sur sa planche après une chute, ou accroche les straps (quand la planche en est équipée).

Conclusion: Après une saison complète sur le marché de leur Wing Surfer V1, le team Naish a eu du temps pour faire évoluer cette V2 qui hérite ainsi de nouveaux détails de développement, comme les fenêtres. Nous avons pourtant été moins convaincus par le comportement général de l’aile, avec des performances un peu en retrait par rapport à d’autres modèles, surtout à bas régime. Mais dans l’ensemble, cette Wing Surfer S25 reste convaincante avec une bonne construction, de larges fenêtres et un grand choix de surfaces.

+
Construction renforcée, fenêtres larges

Nervosité/puissance à bas régime en retrait, trop de poignées

 

 

Marque : GA
Modèle : Air Wing (pré-série)
Surface : 4.2
Poids annoncé/constaté : 2.18 kg / 2.16 kg
Poignées : oui – 4 alignées le long du boudin central
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type élastique avec avec velcro simple
Pompe : oui
Sac : type sac à dos 60x40cm – tissu dacron épais
Prix : 699 €

Le modèle que nous avons reçu est une pré-série du modèle le plus léger de la gamme V2 à venir. GA proposera en effet dès juillet 2 modèles qui gardent cependant le même design (voir détails dans le guide d’achat). Cette « Air Wing » affiche un profil assez compact, pas de renforts et pas de fenêtres. De ce fait, après un gonflage facile et rapide en mode « One Pump », la GA apparait plutôt légère en main, mais il ne faut pas hésiter à bien gonfler cette 4.2 au départ. On note son creux bien marqué. Sur l’eau, au « pumping », on ressent un profil rigide et réactif qui permet de faire déjauger sa planche assez vite. Une fois lancée, l’aile reste toujours légère en main, son profil compact ne laisse pas les oreilles toucher l’eau, on est bien calé. Avec un minimum de poignées sur le boudin central, il est très facile de trouver rapidement sa position, elles sont bien placées mais en revanche, elles ne sont pas super confortables en navigation. À haut régime, la « Air Wing » affiche de belles prétentions en termes de vitesse, l’ensemble reste assez nerveux et plutôt bien équilibré avec une bonne tenue dans les claques. Si la maniabilité est correcte dans les manoeuvres, la GA reste cependant un peu moins légère que d’autres modèles pour effectuer des transitions rapides. Mais avec peu de poignées sur l’axe central, il est facile de replacer ses mains pour border à nouveau rapidement l’aile en fin de move. Enfin, la neutralité de cette « Air Wing » est plus que correcte en restant très stable et légère en main.

Conclusion: Une aile agréable à naviguer, avec de bonnes prétentions dans tous les domaines. Avec des fenêtres et des renforts en plus, l’autre version aura peut-être un comportement différent et moins réactif de ce fait, mais avec 2 modèles différents, GA laissera ainsi le choix à l’acheteur en s’adaptant à toutes les envies et tous les niveaux, et à un prix raisonnable. En tout cas, cette version s’est avérée efficace.

+
Rapport puissance /vitesse/contrôle, équilibre général, nombre minimal de poignées

Renforts légers sur cette version, confort poignées

 

Marque : TAKOON
Modèle : Wing
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : 1.8 kg / 1.99 kg
Poignées : oui – 4 alignées le long du boudin central
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : non fourni
Pompe : non fournie
Sac : type sac à dos 60x40cm – tissu dacron fin
Prix : 498 €

Le gonflage « One Pump » s’effectue très facilement. Sitôt gonflée, cette Takoon montre un design très compact en affichant un creux important. Pas de fenêtres, pas de renforts conséquents non plus et avec juste 4 poignées sur le boudin central, la marque a misé sur la légèreté. Si elle apparait véritablement légère en main sur la plage, cela se confirme une fois sur l’eau: la prise en main est d’abord facilitée par ce nombre minimaliste de poignées très confortables et bien placées, mais aussi bien ancrées sur le boudin central (les poignées ne bougent pas du tout). Puis lorsqu’il faut pomper pour déjauger, l’aile reste effectivement extrêmement légère dans les bras. Surprenant également, la rigidité de l’ensemble qui offre un feeling très direct à la moindre risée. De ce fait, en 3 coups de « pumping », la Takoon délivre aussitôt ce qu’il faut de puissance pour déjauger. Dès que le vent monte, elle accélère fort, très fort même! Alors une fois lancé, on apprécie la bonne tenue du profil, l’aile continue d’accélérer et cet ensemble compact reste vraiment bien équilibré, on est très bien calé et les oreilles ne touchent jamais dans l’eau. On pourrait parfois presque regretter un poil de souplesse du profil dans le vent très fort, mais on ne peut pas tout avoir. La légèreté et le bon équilibre de cette aile en rajoute à sa manoeuvrabilité: ça tourne tout seul, vite et bien! Rien à dire non plus côté neutralité: encore une fois, la légèreté et l’équilibre de cette Takoon font qu’elle se fait parfaitement oublier en mode « downwind ». Nul doute qu’elle soit alors tout aussi efficace pour jouer en mode surf!

Conclusion: Premier modèle d’aile proposé par la marque spécialisée dans les ailes de kitesurf, la « Wing » de Takoon offre tout ce que l’on attend d’une aile de wingsurf. En tout cas, dans cette surface, elle est très efficace sur tous les fronts! À voir si c’est également le cas dans les plus grandes surfaces quant à la rigidité du profil pour performer dans du vent très léger. En ce qui concerne cette V1 en 4.0, c’est un sans faute. Quelques renforts kevlar auraient cependant été bienvenus dans les zones sensibles.

+
Légèreté, efficacité dans tous les domaines, prix

Pas de renforts


Marque : SLINGSHOT

Modèle : Slingwing V1
Surface : 4.2
Poids annoncé/constaté : NC / 3.36 kg
Poignées : oui – 3 alignées sur le boudin central + 2 en Y sur l’avant + 3 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : oui – de chaque côté du boudin central
Leash : oui – type téléphone avec avec velcro simple
Pompe : non fournie
Sac : type sac à dos 90x40cm – tissu dacron épais
Prix : 795 €

Du fait d’un bord de fuite gonflable, détail unique à la marque, il faut un (petit) peu plus de temps pour gonfler cette « Slingwing » en mode « One Pump ». L’aile est bien renforcée dans l’ensemble et son profil se démarque par un design beaucoup plus élancé par rapport aux autres marques. Sur la plage, elle nous est de suite apparue un peu plus lourde en main que ses concurrentes, certainement dû au fait de toutes ces sangles épaisses utilisées pour les poignées, dont celles en « Y » sur l’avant, et à ses nombreux renforts. Si le système de poignées peut être intéressant pour les pratiquants de windsurf avec cette forme en « Y » sur l’avant, ce n’est pourtant pas évident de trouver la bonne position dès la prise en main sur l’eau. Il faut un certain temps d’adaptation. Si elle demande plus d’énergie dans le « pumping » au départ, la « Slingwing » offre un très bon potentiel en terme de vitesse une fois lancée car elle s’exprime mieux dans du vent bien établi. Dû à ce design relativement élancé, les oreilles ont tendance à toucher l’eau dès lors qu’on la positionne plus à la verticale. Cet aspect du design et son poids influe certainement aussi sur son contrôle et sa maniabilité lors des manoeuvres, avec une aile bien moins équilibrée par rapport à d’autres modèles où il n’est pas toujours facile de replacer ses mains après une transition. En revanche, la « Slingwing » offre un bon comportement en terme de neutralité et se fait plutôt bien oublier, même si elle reste encore plus lourde en main par rapport à ses concurrentes. Côté confort, on aurait bien aimé de vraies poignées, moins larges, plus souples et plus rembourrées.

Conclusion: Si la V1 de cette Slingshot est l’une des premières ailes gonflables à avoir été développée très tôt sans avoir aucune autre référence en modèle de wing, on ne peut donc trop critiquer ses mauvais côtés. D’autant que nous sommes persuadés que la « Slingwing V2 » (pas disponible au moment des tests), plus compacte et annoncée deux fois plus légère, gommera tous ces détails en offrant de bien meilleures évolutions qui lui permettront certainement de gagner en efficacité sur tous les tableaux.

+
Vitesse dans le vent soutenu, neutralité, renfort conséquents, fenêtres

Poids, prise en main, maniabilité, confort des poignées

 

Marque : HB
Modèle : Flair
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : 1.9 kg / 2.08 kg
Poignées : oui – 5 alignées sur le boudin central + 2 en Y sur l’avant
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type élastique avec velcro simple
Pompe : non fournie
Sac : type sac à dos – tissu dacron épais
Prix : 829 €

Une fois facilement gonflée en mode « One Pump », la « Flair » apparaît un peu plus grande en surface que les autres modèles, du fait d’un design qui semble assez élancé. Le creux est bien marqué. On note des renforts peu conséquents. Sur la plage, l’aile apparait vraiment légère en main. Sur l’eau, la légèreté de cette « Flair » se confirme et on sent un profil assez rigide dans l’ensemble. Grâce à son creux bien marqué et ce profil rigide, l’aile permet de déjauger rapidement en quelques coups de « pumping », même si elle reste un peu en retrait par rapport à d’autres modèles plus réactifs dans ce domaine. Il lui faut juste un peu plus de vent. Mais une fois lancée, la HB se tient bien en main, avec des poignées bien placées qui permettent de trouver rapidement sa position, l’équilibre est assez bon et on est relativement bien calé pour tirer de longs bords. Cependant, les poignées ne sont pas des plus confortables. Si nous n’avons pas souvent utilisé celles en Y sur l’avant, on aurait cependant aimé que celles-ci soient moins souples pour un contact plus « direct » avec l’aile. Une fois lancé et que l’on souhaite enclencher le turbo, la « Flair » accélère plutôt bien, même si elle reste un peu limitée en vitesse et en accélération à haut régime par rapport à ses concurrentes. Ceci dit, elle est cependant facile à contrôler avec une bonne tenue dans les surventes, toujours avec cette sensation de légèreté dans les mains. Notre ressenti est que ce modèle a surtout été designé pour s’amuser en surf car cette HB reste une aile super agréable à manoeuvrer et en mode « downwind », malgré son élancement prononcé, l’aile ne bascule pas trop d’un côté à l’autre, le profil restant parfaitement neutre et stable.

Conclusion: Cette aile HB en 4.0 est un excellent compromis pour ceux qui veulent une wing assez facile, légère et neutre pour s’amuser dans les vents modérés à soutenus, la houle et les vagues. Par rapport à d’autres modèles, son profil gagnerait peut-être à être plus compact pour la rendre encore plus joueuse.

+
Légèreté, rapport maniabilité/neutralité

Peu de renforts, puissance/vitesse en retrait

 

Marque : CABRINHA
Modèle : Crosswing
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté: NC / 1.97 kg
Poignées : oui – 4 sur le boudin central + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type téléphone avec velcro simple
Pompe : non fournie
Sac : simple 35x50cm avec 1 sangle – dacron et tissu fin
Prix : 799 €

Proposée en une seule et unique taille de 4.0, Cabrinha a joué la carte de la simplicité sur cette V1 qui se gonfle rapidement en mode « One Pump ». Son design apparait plutôt compact et on remarque que le creux n’est pas aussi prononcé que sur d’autres ailes. Avec juste 4 poignées larges sur le boudin central, aucune fenêtre mais des renforts placés juste où il faut, la « Crosswing » s’impose parmi les ailes les plus légères du test dès la prise en main. Cela se confirme sur l’eau, la Cabrinha est en effet très légère mais avec ce creux peu prononcé, dans des conditions similaires, il lui faut plus de vent que ses concurrentes pour que l’on puisse déjauger rapidement. La « Crosswing » s’exprime réellement à haut régime, quand ça souffle bien. Et c’est là qu’on l’apprécie. Le contrôle est bon et l’aile accélère plutôt bien. Si les poignées ergonomiques sont bien confortables et faciles à trouver, on a cependant noté qu’elles étaient placées un peu trop sur l’arrière et de ce fait, il n’est pas toujours évident de trouver son équilibre, dans le vent moins fort ou irrégulier. Grâce à son bon équilibre général et son poids plume, la maniabiilté est bonne et la neutralité est également au rendez-vous en mode « downwind » où cette « Crosswing » se fait bien oublier avec un profil qui reste bien stable et ne balance pas.

Conclusion: Pour une première version de wing, cette Cabrinha « Crosswing » offre un comportement relativement sain dans l’ensemble. Elle peut convenir à tous les programmes et tous les niveaux, mais cette surface unique en 4.0 intéressera certainement plus les riders qui recherchent une aile pour jouer et surfer dans du vent déjà bien établi.

+
Poids, prise en main, maniabilité, confort des poignées

Puissance en retrait à bas régime

 

Marque : ZEEKO
Modèle : Ypsilon
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté: NC/2.6 kg
Poignées : oui – 2 sur le boudin central + 2 en « Y » sur l’avant + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : oui – de chaque côté du boudin central
Leash : oui – type élastique avec velcro simple
Pompe : non fournie
Sac : type sac à dos 60x35cm – tissu dacron souple
Prix : 799 €

Malgré son design unique avec son axe central divisé en « Y » équipé du système de gonflage « One Pump », l’aile Zeeko se gonfle quand même assez vite. Elle se dégonfle tout aussi facilement grâce à une deuxième valve sur ce même boudin central. Un petit plus. Ce modèle requiert d’ailleurs une pression de gonflage bien moins importante que les autres ailes, 5 Psi pour cette 4m contre 7 à 9 Psi pour les autres marques. Une fois gonflée, on remarque un creux peu apparent, mais un boudin central très épais et 2 petites fenêtres. Les poignées avant sont fixées sur l’axe en Y, ce qui est là encore un détail unique à la marque. Pas spécialement légère lors de la prise en main sur la plage, le profil de cette « Ypsilon » apparait cependant rigide. Une fois sur l’eau, par rapport aux autres ailes, la prise en main de cette Zeeko est un peu plus délicate, surtout pour des débutants complets qui ont préféré des systèmes de poignées plus simples. En revanche, les riders plus confirmés ont apprécié la position des poignées sur l’avant, mais celles-ci mériteraient d’être moins souples et moins larges afin d’offrir un côté plus « direct » à l’aile. Un peu plus lourde en main que les autres modèles testés, la « Ypsilon » développe cependant une bonne puissance à bas régime. Son profil très rigide permet de décoller en quelques coups de « pumping ». L’aile accélère vraiment bien ensuite et l’équilibre est très correct, on se sent bien calé pour attaquer en mode « freeride ». Et c’est dans ce domaine qu’elle remplit son rôle, car on est un peu moins à l’aise dans les transitions du fait de son poids un peu plus important et d’une disposition des poignées un peu spéciale. Si l’on veut jouer un peu dans la houle en mode « downwind », cette Zeeko n’est pas non plus la plus efficace en terme de neutralité par rapport à d’autres modèles. Dernier détail du côté des fenêtres: même si cela a un côté rassurant pour la visibilité, on aurait bien aimé qu’elles soient un peu plus larges ou disposées différemment.

Conclusion: Aussitôt sur l’eau, on sent que cette « Ypsilon » a été développée pour un mode plus « freeride » que pour jouer en surf! Elle offre de suite de la puissance à bas régime pour bien accélérer, tout en étant bien calé. Avec ce design spécifique, cette Zeeko 4.0 est plutôt efficace dans ce domaine et s’adressera plutôt à des riders avertis qui recherchent alors une aile plus axée sur les performances que pour jouer.

+
Rapport puissance/vitesse, équilibre

Poids, moins à l’aise en mode « downwind »

 

Marque : F-ONE
Modèle : Swing
Surface : 4.2
Poids annoncé/constaté: NC / 1.79 kg
Poignées : oui – 3 sur le boudin central + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type élastique avec velcro + clip de rabat
Pompe : non fournie
Sac : type sac à dos 50x35cm – tissu dacron épais
Prix : 849 €

La F-One « Swing » fait partie des ailes de référence dans le wing en ayant figuré parmi les premiers modèles disponibles sur le marché l’été dernier. Si elle n’offre pas de changements notoires cette année, c’est certainement parce que le modèle d’origine était déjà très efficace. La plus légère de toutes les ailes de ce test offre une prise en main très facile avec seulement 3 poignées souples et toujours sans fenêtres. On remarque un creux plus prononcé que sur les autres ailes pour un design qui, à première vue, apparait compact. C’est sur l’eau que ce creux révèle toute son efficacité: couplé à un poids plume et un profil qui reste bien rigide, cette « Swing » délivre immédiatement de la puissance et demande peu d’engagement au « pumping ». On en est même surpris au départ, tellement cette wing apparait petite en main par rapport à toutes les autres. Les poignées sont super bien placées, mais on aurait aimé des modèles peut-être un peu plus épais, un peu plus rembourrés et surtout bien fixés sur l’axe central. Si ce n’est pas la plus rapide du groupe, sa vitesse de croisière reste excellente, tout comme l’équilibre et le contrôle à haut régime. Incroyablement facile à manier et à reprendre en main dans les transitions, c’est aussi en mode « downwind » que la F-One montre une autre partie de son potentiel. Cette aile sait se faire complètement oublier lorsqu’on la tient par l’unique poignée du bord d’attaque, elle ne bascule pas du tout. On imagine donc la liberté qu’elle peut offrir à tous ceux intéressés pour jouer en surfoil dans les vagues!

Conclusion: Disponibles aujourd’hui en 5 surfaces de 2.8 à 6m, la « Swing » reste une valeur sûre avec un design qui a convaincu et fait ses preuves après quasiment une saison sur le marché du wingsurf. Cette petite aile joueuse super légère comblera tous les niveaux et tous les pratiquants car elle est efficace sur tous les fronts. On peut juste lui reprocher son prix un peu élevé.

+
Performances générales, poignées simples

Prix

 

Marque : DUOTONE
Modèle : Echo
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : NC / 2.49 kg
Poignées : 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : oui – vario 141-201cm
Lattes : oui – 1 grande dans l’axe principal + 2 petites sur le bord de fuite
Fenêtre : oui – de chaque côté de l’axe central
Leash : non fourni
Pompe : non fournie
Sac : type « saucisse »
Prix : 798 € (avec le wishbone)

La marque qui a lancé la première aile de wing sur le marché mondial l’an dernier a fait évoluer son modèle « Foil Wing ». Toujours proposée avec ce système de wishbone unique et exclusif, ce nouveau modèle « Echo » voit ainsi son profil stabilisé avec une petite corde facile à mettre en place, le « draft control ». À terre, on peut penser que c’est un gadget inutile, mais il a réellement son efficacité sur l’eau. Si l’on ne note pas de réels changements notoires visuellement parlant sur cette V2, on s’aperçoit dès la prise en main que ce modèle est moins léger que les autres. Normal, le wishbone pèse à lui seul 900 grammes! Il est d’ailleurs ovalisé cette saison, pour offrir plus de confort en navigation. Le design n’apparait pas si compact, le bord d’attaque est épais et les renforts sont assez légers. La mise en place du système de wishbone n’est pas compliquée. On doit juste s’y reprendre à 2 fois pour que l’aile soit prête, mais c’est assez rapide une fois que l’on a pris le coup. Avantage de départ: on peut régler le creux de sa wing selon la force du vent. Sur l’eau, on sent que cette « Echo » affiche un profil bien rigide dès le départ et en quelques coups de « pumping », elle génère une bonne puissance à bas régime pour faire décoller son foil. Les windsurfers apprécieront le wishbone et trouveront immédiatement leurs repères! Mais c’est aussi le cas pour les débutants pour qui ce système est très intuitif. Il n’y a pas à chercher la bonne poignée puisqu’il suffit d’avancer ou reculer ses mains sur la barre. Il est alors très simple de border l’aile et s’équilibrer ainsi rapidement. Cela a également été apprécié en navigation, notamment dans les rafales ou le vent fort, puisque l’on peut reculer sa main et border pour accélérer sans avoir à lâcher l’aile pour récupérer une autre poignée. Du coup, la Duotone permet d’enclencher le turbo à haut régime sans se sentir déséquilibré. Cette « Echo » montre en fait un gros potentiel en freeride: on peut se caler sur un bord, l’aile est bien équilibrée et on peut ajuster sa puissance sans aucun « à coup ». Le profil est rendu super stable avec cette petite corde et se déforme beaucoup moins que sur d’autres ailes. Si l’on veut gagner en souplesse et en confort, il suffit de relâcher un peu la tension au wishbone. Côté maniabilité, si elle reste plus lourde en main que le reste des ailes, on a cependant trouvé que l’équilibre était bon lors des transitions et que ce poids permettait finalement à cette aile de bien « balancer », d’autant qu’il est très facile ensuite de replacer ses mains sur le wishbone. Cependant, comparée à ses concurrentes, la Echo n’est pas très à l’aise en mode « surf » ou « downwind », l’aile est plus instable et balance beaucoup trop d’un côté et de l’autre. Les aficionados du surf devront alors plutôt se pencher sur l’autre modèle de Duotone, la « Unit », une 100% gonflable qui est sortie cet été.

Conclusion: Disponible en 6 surfaces de 2.6 à 7m2, cette nouvelle Duotone peut ravir comme elle peut ne pas intéresser, avec d’un côté les « pro wish » et de l’autre les « pro poignées ». Nous, on pense que ce système de wishbone est super intéressant pour les débutants de par son côté très intuitif, mais aussi pour ceux qui ont envie d’une bonne aile puissante et réactive pour carburer en freeride, avec une grande plage d’utilisation.

+
Performances en freeride, wishbone très intuitif, plage d’utilisation,

Neutralité en retrait

 

Marque : OZONE
Modèle : Wasp
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : NC / 1.87 kg
Poignées : oui – 5 sur le boudin central + 2 en « Y » sur l’avant + 2 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type élastique avec velcro
Pompe : non fournie
Sac : type sac à dos 60x35cm – tissu dacron fin
Prix : 829 €

L’aile Ozone affiche un profil très compact, aucune fenêtre, un bord d’attaque épais, un axe central très épais également sur lequel sont fixées 5 poignées larges mais souples plus 2 en « Y » sur l’avant. On note des renforts kevlar sur les oreilles. Contrairement à la plupart des ailes, on remarque cette absence de creux entre l’axe central et la voile. Comme sur la Cabrinha, la voile est directement cousue sur le boudin. Le gonflage « one pump » est facile pour se jeter rapidement à l’eau. L’ensemble se présente ensuite comme assez rigide pour une wing qui apparait vraiment super légère dès la prise en main. Une fois sur l’eau, on ressent bien la légèreté de cette aile et au « pumping », malgré cette absence notoire de creux, le profil rigide de la « Wasp » délivre aussitôt suffisamment de puissance pour déjauger rapidement. Une fois lancé, même si les poignées nous sont apparues un tout petit peu trop en avant sur l’axe central, on trouve assez vite son équilibre. Dans les risées, la « Wasp » offre des accélérations franches et son profil reste très stable, même à haut régime où cette wing ne bronche pas. Les poignées sont larges, juste ce qu’il faut, et souples et agréables en main. Peut-être parfois un peu trop souples car on peut parfois se faire surprendre en fin de transition pour retrouver une poignée qui se serait aplatie et n’aurait pas repris sa forme. Autre détail, on a trouvé le leash un peu trop long. Sinon, le design compact et équilibré fait que cette aile se laisse tout aussi bien manier dans les transitions et les manoeuvres, et c’est en mode « surf » que la « Wasp » excelle grâce à sa légèreté et une excellente neutralité.

Conclusion: Ozone signe avec cette V1 de la « Wasp » un très bon premier modèle de wing qui, pour cette 4.0, affiche de belles performances dans tous les domaines. Malgré un prix un peu élevé, avec 4 surfaces au choix, elle devrait cependant ravir beaucoup de pratiquants de tous les niveaux, pour quelque utilisation que ce soit. D’autant que c’est l’une des ailes les plus légères de ce test avec la F-One, avec un petit plus pour ses renforts bien placés.

+ Performances générales, poids
– Prix

 


Pour la 2ème session de tests, comme pour la première session, nous avons voulu réaliser à nouveau un test d’ailes qui soit simple, objectif, avec des critères faciles à évaluer et à vérifier. Nous avons cependant eu moins de temps pour comparer ces 9 autres modèles et proposons un « test express » plus qu’un test comparatif.

 

Marque : ENSIS
Modèle : –
Surface : 4.5
Poids annoncé/constaté : NC/2.46 kg
Poignées : oui – 3 alignées le long du boudin central + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type tire-veille fin élastique avec velcro à rabat
Pompe : non fournie/adaptateur inclus
Prix : 849 €

Le système de valve à clapet est spécial mais efficace sur cette Ensis. Pour gonfler, il faut un embout large mais l’adaptateur est fourni. Le gonflage est facile et rapide en mode « One Pump » grâce à 2 connecteurs aux tubes larges. L’aile présente ensuite un bord d’attaque très segmenté et relativement épais, tout comme l’axe central. Le profil général est très élancé (la plus élancée de ce test, mais c’est une 4.5), le creux est modéré et la voilure bien tendue. Les poignées aussi sont spéciales: on note 1 poignée semi-longue et fine sur le bord d’attaque avec un pads néoprène, plus 3 sur l’axe central (2 longues avec une intermédiaire au centre). La construction est hyper soignée avec des renforts en matériau souple sur toutes les coutures du bord d’attaque et sur les oreilles. Pas de valve de dégonflage mais le clapet antiretour est efficace pour un dégonflage rapide.

Dès la prise en main à bas régime, la sensation de lourdeur de cette wing est très vite effacée par un équilibre parfait et une réponse immédiate au pumping: elle délivre une puissante directe qui permet de déjauger très tôt, puis on sent rapidement monter l’accélération. Certes, c’est une 4.5 mais comparée aux autres 4.0 de ce test, cette Ensis n’a pas failli non plus à haut régime puisque la majorité des testeurs a apprécié sa tenue dans les rafales avec son profil bien bloqué. Si elle reste également très maniable, elle est cependant apparue un peu moins à l’aise en position neutre. Cette wing peut se révéler physique pour certains, mais tous ont salué l’ensemble de ses performances générales ainsi que son système de poignées qui permet de déplacer ses mains facilement pour trouver rapidement la bonne position.


Marque : NSP

Modèle : Airwing
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : 2.3 kg/2.50 kg
Poignées : oui – 5 alignées le long du boudin central + 3 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : oui – de chaque côté du boudin central
Leash : oui – type téléphone avec velcro simple
Pompe : non fournie/adaptateur inclus
Prix : 649 €

Gonflage facile en « One Pump » pour cette NSP avec 1 connecteur au tube large relié à l’axe central, mais le système de valve à vis est unique et l’embout fourni n’est pas vraiment standard avec toutes les pompes. Une fois gonflée, on note un bord d’attaque et un axe central relativement épais. Le design général est similaire à la Korvenn: plutôt élancé, avec un creux modéré mais avec une voilure plus tendue. L’aile présente également 3 poignées rondes sur le bord d’attaque et 5 alignées sur le boudin central. La construction est assez légère mais les embouts sont renforcés avec des patchs en kevlar, tout comme les oreilles qui intègrent aussi des renforts en plastique PVC rigide sur les angles. 2 fenêtres en PVC sont placées de chaque côté de l’axe central. Pas de valve de dégonflage.

La NSP apparait plutôt bien équilibrée et assez légère dès la prise en main, avec des poignées très confortables, bien connectées et bien placées. En 4.0, elle peut manquer de puissance à bas régime pour les gabarits lourds, mais les légers s’y retrouveront. Ses accélérations ne sont pas surprenantes, elle n’est pas vraiment nerveuse, mais reste agréable à rider et offre un comportement sain dans l’ensemble, avec également une bonne tenue à haut régime. On regrette qu’elle n’intègre pas un pads en néoprène sous la poignée centrale du bord d’attaque, les phalanges étant en contact direct avec les coutures en mode neutre. Même si elles sont trop peu larges, les fenêtres peuvent cependant être utiles pour les débutants. Cette NSP offre un bon compromis pour les riders qui veulent une wing facile pour cruiser et progresser.

Marque : RRD
Modèle : Wind Wing
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : NC/2.24 kg
Poignées : oui – 5 alignées le long du boudin central + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type tire-veille fin élastique avec velcro à rabat
Pompe : non fournie
Prix : 929 €

La RRD est facile à gonfler en « One Pump » avec un système de valve simple à 2 ergots et 2 connecteurs latéraux fins reliés à l’axe central. Cette aile présente ensuite un bord d’attaque bien segmenté et assez épais, tout comme l’axe central. Son profil général est hyper compact et arrondi et n’intègre pas de creux du fait d’une voilure cousue sur l’axe central. Cette dernière apparait bien tendue. On trouve 1 poignée sur le bord d’attaque avec pads néoprène, 2 emplacements pour fixer des attaches-harnais sur l’axe central qui intègre 5 poignées assez plates, plutôt étroites, rigides et bien connectées sur la structure, ainsi qu’une valve de dégonflage. La construction est très soignée avec des renforts kevlar sur toutes les coutures du bord d’attaque, sur les oreilles et les embouts.

Super compacte dans les mains (parmi les plus compactes de ce test), cette Wind Wing délivre une bonne puissance avec un feeling très direct. C’est nerveux et ça tracte, quelles que soient les conditions! Elle apparait bien équilibrée une fois lancée et permet de bien se caler en mode freeride, avec une bonne relance en sortie de manœuvre. Cependant, le nombre important de poignées ne facilite pas une position confortable pour les mains. Les gabarits plus légers la trouveront un peu plus physique à haut régime où l’aile, du fait d’une chute très tendue, ne libère pas vraiment la puissance et offre moins de confort. Au final, c’est plutôt une wing nerveuse pour carburer en freeride à bas régime, et moins à l’aise en mode surf où elle pêche plus en instabilité.


Marque : TAKUMA

Modèle : Wing Ride III
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : NC/2.52 kg
Poignées : oui – 2 alignées le long du boudin central + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type tire-veille fin élastique avec velcro simple
Pompe : non fournie/adaptateur inclus
Prix : 749 €

Cette Wing Ride V3 est facile à gonfler en mode « One Pump » grâce à un système de valve à clapet nécessitant un embout large (fourni) et 2 connecteurs aux tubes larges reliés à l’axe central. Une fois gonflée, elle présente ensuite un bord d’attaque bien segmenté et relativement épais, tout comme l’axe central. Son profil général est assez élancé, le creux est modéré et la voilure bien tendue. On retrouve des poignées spéciales dans l’esprit de la Ensis, avec 1 poignée longue et fine sur le bord d’attaque avec un pads néoprène, plus 2 très longues sur l’axe central. La construction est soignée avec des renforts en matériau souple sur toutes les coutures du bord d’attaque et sur les oreilles. Pas de valve de dégonflage mais le clapet antiretour sur lequel il faut appuyer pour cela est efficace.

Dès la prise en main de cette V3, on sent une aile nerveuse au profil très rigide. Cela se confirme sur l’eau où la Wing Ride répond instantanément au pumping en délivrant une excellente puissance à bas régime. On déjauge très vite et les longues poignées confortables facilitent alors un placement des mains qui devient instinctif, surtout dans les manœuvres. Pour les bons riders, ces poignées (surtout celle de l’avant sur l’axe central) sont apparues un peu trop longues donc trop souples, empêchant ainsi un contact plus « direct » avec la wing. À haut régime, l’aile accélère fort grâce à son profil bien bloqué, on est bien calé mais on peut parfois se faire surprendre dans les surventes à cause de ce profil très plat. Cependant, cela l’avantage réellement en position neutre où elle reste super stable. Cette 4.0 est une wing puissante, très nerveuse et super maniable, qui nous semble plutôt idéale pour une utilisation surf et downwind en mode sous-toilé.


Marque : SLINGSHOT

Modèle : Slingwing V2
Surface : 4.4
Poids annoncé/constaté : NC/1.94 kg
Poignées : oui – 3 alignées le long du boudin central + 1 verticale + 2 en Y sur l’avant + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : oui, 4 petites
Fenêtre : non
Leash : oui – type téléphone avec velcro simple
Pompe : non fournie
Prix : 799 €

Facile à gonfler en mode « One Pump » avec un système de valve à 2 ergots et 1 connecteur au tube large relié à l’axe central, cette nouvelle Slingshot V2 affiche ensuite un bord d’attaque modérément épais dont la forme en V est bien marquée. Le design général apparait très élancé et étroit pour une 4.0, le creux est très important et la voilure moyennement tendue. Les fenêtres PVC ont disparu sur cette version. Coté poignées, on en retrouve 1 sur le bord d’attaque avec un pad néoprène, plus 3 alignées et espacées sur l’axe central (dont 1 verticale) + 2 en Y sur l’avant avec 2 emplacements pour fixer des attaches-harnais. La construction est très correcte dans l’ensemble et affiche de très bons renforts kevlar sur les oreilles. On trouve une valve de dégonflage à l’intérieur du bord d’attaque.

Sur l’eau, cette nouvelle Slingshot délivre une sensation immédiate de légèreté et de souplesse. Du coup, elle manque un peu de caractère à bas régime et n’offre pas de réponse directe malgré son creux très marqué. C’est plutôt à haut régime que cette V2 s’exprime le mieux. Dans du vent bien établi, l’aile tracte vraiment avec un bon confort. L’ensemble des testeurs a cependant trouvé que le placement des poignées n’était pas idéal, gênant parfois l’équilibre général ainsi que la maniabilité. Malgré ce léger manque de stabilité, les performances à haut régime en cap/vitesse restent convaincantes pour cette Slingshot V2. À conseiller à des riders recherchant une wing en 4.0 super légère, pour une utilisation dans du vent modéré à fort.


Marque : SMIK

Modèle : –
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : NC/1.88 kg
Poignées : oui – 5 alignées le long du boudin central + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type tire-veille fin élastique avec velcro simple
Pompe : non fournie
Prix : 600 €

Le système de valve de cette Smik est classique avec un embout de tube simple. Dommage, elle ne présente aucune indication de gonflage, mais ce dernier s’effectue facilement en « One Pump » malgré 1 seul connecteur latéral fin entre le bord d’attaque et le boudin central (mal positionné cependant – on peut l’accrocher avec la main pendant les manœuvres). Au niveau du design, son bord d’attaque est modérément épais, tout comme l’axe central et cette Smik présente un profil général très compact avec un creux important et une voilure bien tendue. On trouve 1 poignée sur le bord d’attaque avec un pad néoprène, plus 5 sur l’axe central. La construction est très légère dans l’ensemble et n’intègre pas de renforts ni de valve de dégonflage.

Du fait de l’absence de renforts, cette wing est la plus légère du test. Du coup, dès la prise en main, et aussi parce que ses poignées confortables et bien connectées sont également bien placées, cette Smik a séduit l’ensemble des testeurs. Cela s’est confirmé sur l’eau avec une impression de facilité: l’aile est très réactive au pumping à bas régime et délivre une puissance directe et de bonnes accélérations. On trouve de suite ses marques et l’équilibre est excellent. Idem à haut régime où cette wing offre également beaucoup de confort et de stabilité, tout en restant manœuvrable et légère en mode neutre. Une aile tout-terrain, bon compromis entre légèreté, nervosité et confort. Seuls bémols, la couture sous les poignées de l’axe central et le manque de renforts.


Marque : SROKA

Modèle : –
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : 2.2 kg/2.64 kg
Poignées : oui – 3 alignées le long du boudin central + 2 en Y sur l’avant + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : oui – de chaque côté du boudin central
Leash : oui – type tire-veille large avec velcro simple
Pompe : fournie
Prix : 650 €

Facile à gonfler en « One Pump » avec un système de valve à 2 ergots et 1 connecteur au tube fin relié à l’axe central, la Sroka présente ensuite un bord d’attaque relativement épais, tout comme l’axe central. Son profil général est hyper compact et arrondi, il n’y a pas de creux du fait d’une voilure cousue sur l’axe central, une voilure qui apparait peu tendue. On note 1 poignée large sur le bord d’attaque, une poignée en Y ainsi que 3 poignées sur l’axe central. La construction est très soignée dans l’ensemble avec des renforts kevlar sur toutes les coutures du bord d’attaque et sur les oreilles. 2 petites fenêtres en PVC sont placées de chaque côté de l’axe central qui intègre également une valve de dégonflage.

Aile figurant parmi les plus compactes de ce test, la Sroka est apparue relativement bien équilibrée à bas régime avec des poignées plutôt bien placées, même si l’ensemble des testeurs a peu utilisé celles placées en Y sur l’avant. Avec un profil assez rigide, la puissance est au rendez-vous, quelles que soient les conditions. Si l’aile devient cependant un peu instable à haut régime sur de longs bords, elle reste maniable et joueuse malgré son poids. Les fenêtres sont idéales pour débuter, mais mériteraient d’être plus larges pour offrir un maximum de visibilité. Dans l’ensemble, la Sroka est apparue comme un modèle intéressant pour commencer en wingfoil dans le vent léger à modéré, avec une finition soignée pour une wing qui pourrait peut-être juste gagner en légèreté.


Marque : KORVENN

Modèle : –
Surface : 4.0
Poids annoncé/constaté : NC/2.24 kg
Poignées : oui – 5 alignées le long du boudin central + 3 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : oui – de chaque côté du boudin central
Leash : oui – type tire-veille large avec velcro simple
Pompe : non fournie
Prix : 549 €

Cette wing se gonfle facilement en « One Pump » avec un système de valve à 2 ergots et 1 connecteur au tube large relié à l’axe central. La Korvenn présente ensuite un bord d’attaque et un axe central tous deux relativement épais. Le design général apparait plutôt élancé, avec un creux modéré et une voilure très lâche. On note 3 poignées sur le bord d’attaque et 5 alignées sur le boudin central. Si dans l’ensemble la construction est assez légère, les oreilles et les embouts sont cependant très bien renforcés avec de généreux patchs en kevlar. 2 petites fenêtres en PVC sont placées de chaque côté de l’axe central. Pas de valve de dégonflage.

Relativement bien équilibrée avec des poignées bien placées et plutôt légère en main, cette Korvenn 4.0 développe un bon fond de puissance pour déjauger quand le vent est établi. Si les poignées plates et trop rigides ne sont pas les plus confortables, cette wing offre tout de même une bonne tenue dans l’ensemble, avec des performances générales correctes à bas régime. Cependant, à haut régime, la chute claque et du fait d’une voilure trop lâche, l’aile devient alors instable dans les rafales. Même si elles sont peu larges, les fenêtres peuvent être utiles pour les débutants. Du coup, cette Korvenn nous est apparue comme une bonne wing pour commencer en wingfoil, avec laquelle on ne recherchera pas la performance, mais plutôt un côté accessible renforcé par un bon rapport qualité/prix.


Marque : POWERFOIL

Modèle : Eagle
Surface : 4.2
Poids annoncé/constaté : NC/1.95 kg
Poignées : oui – 4 alignées le long du boudin central + 1 sur le bord d’attaque
Wishbone : non
Lattes : non
Fenêtre : non
Leash : oui – type tire-veille large avec velcro simple
Pompe : fournie – type Hp2
Prix : 449 €

Cette Eagle est facile à gonfler en mode « One Pump » avec un système de valve à l’embout de tube simple et 1 connecteur au tube fin relié à l’axe central. La Powerfoil présente ensuite un bord d’attaque et un axe central peu épais, ce qui lui confère un design général plutôt élancé avec un creux assez important. On note une voilure relativement lâche. Elle intègre 1 poignée sur le bord d’attaque plus 4 sur l’axe central. Celles-ci sont assez arrondies, très ouvertes et bien connectées à la structure. La construction est assez légère et ne présente pas de renforts. Pas de valve de dégonflage.

La prise en main de cette aile est plutôt bonne, avec une sensation de légèreté et des poignées larges, confortables et bien placées. Dans le vent léger, elle pêche un peu en nervosité du fait d’un profil trop souple qui la pénalise également dans le vent plus soutenu. La chute peu tendue et le bord d’attaque peu épais laissent alors l’aile se déformer trop facilement et empêchent les accélérations à haut régime. Cependant, l’équilibre est sain et la maniabilité reste au rendez-vous dans du vent établi et modéré, où sa stabilité et sa légèreté sont appréciables en mode neutre. Au final, même si elle mériterait de bons renforts, la Powerfoil apparait comme une wing facile et manœuvrante pour le vent plutôt modéré et les gabarits légers qui commencent en wingfoil.

19 WINGS 2020/2021 TESTÉES, PESÉES et MESURÉES!

Nous avons eu la chance de pouvoir tester sur plusieurs sessions étalées sur 6 mois, pas moins de 19 ailes disponibles sur le marché français. Certaines marques n’apparaissent pas car elles n’ont pas voulu participer ou ne sont pas distribuées en France. D’autres n’avaient pas d’ailes disponibles en test en 4.0.

En complément des tests sur l’eau, nous avons ainsi compilé des infos qui nous ont semblé intéressantes, les mesures d’envergure/largeur, ainsi que les poids des ailes. Voici donc 2 tableaux qui permettent, en un clin d’oeil, de s’apercevoir des différences entre chaque modèle de chaque marque. Afin de ne pas influencer les ressentis des testeurs, ces mesures ont été effectuées une fois les tests complètement terminés.

Modèles testés:
F-ONE SWING 4.2
DUOTONE ECHO 4.0
ENSIS 4.5
NAISH WING SURFER S25 4.6
OZONE WASP V1 4.0
CABRINHA CROSSWING V1 4.0
TAKUMA WING RIDE V3
4.0 TAKOON WING 4.0
RRD WIND WING 4.0
HB FLAIR 4.0
SLINGSHOT SLINGWING V2 4.4
NSP 4.0
SMIK 4.0
GA AIR WING 4.2
ZEEKO YPSILON 4.0
SLINGSHOT SLINGWING V1 4.2
POWERFOIL EAGLE 4.2
KORVENN 4.0
SROKA 4.0

Informations ratio envergure/largeur
Il était super intéressant de noter les différences d’envergure et de largeur entre les ailes. Certaines sont très élancées, d’autres sont super compactes. Ce qui influe forcément sur l’équilibre et la maniabilité. Voici le tableau qui classe les ailes de la plus élancée à la plus compacte. Mesures en cm.

Informations poids
D’un modèle à l’autre, il y a de grands écarts de poids souvent dus à une différence du nombre de poignées ou à des renforts plus conséquents. Voici le tableau qui classe les ailes de la plus légère à la moins légère.
Nota: si la majorité des ailes sont des 4.0, certains modèles ont des surfaces de 4.4, 4.5 ou 4.6. c’est à prendre en compte.

Photos ©Nico Dodane & Steve Palier.

Comment est né le wingfoil?

Comment est né le wingfoil?

Comment est né le Wingsurf moderne?

Vous êtes-vous déjà posé la question sur les réelles origines du Wingfoil?

Qui a eu l’idée de la conception d’une telle aile que l’on tient à bout de bras, sans lignes, sans mât, sans connection avec la planche? Comment ce type d’aile a-t-il pu se retrouver ensuite sur un support comme le foil? Qui sont les pionniers de ce nouveau sport qui explose? Comment est-il arrivé sur le marché et comment est-il devenu aussi rapidement populaire?

Après avoir testé le wingfoil l’été dernier, je suis aussitôt devenu accro aux sensations. Je me suis alors posé toutes ces questions sur les origines de ce nouveau concept d’aile. Mes investigations m’ont ensuite fait remonter à la source, Hawaii.

Grâce à un contact sur place, j’ai pu en savoir un peu plus sur les origines du wing. J’ai alors réussi à interviewer d’anciennes stars du kitesurf, des designers et un rider pro comme Kai Lenny.

Deux mois plus tard, mon article était rédigé. Il ne me restait plus qu’à le traduire en anglais pour le proposer à divers magazines spécialisés étrangers. Le plus difficile fût de trouver une revue qui parle de wingsurf, car toutes sont spécialisées dans le windsurf et le kitesurf. Il n’existe en effet à ce jour aucun magazine consacré au wingsurf. Je me suis vu essuyer beaucoup de refus : « ton article est intéressant, mais n’a pas sa place dans notre mag de windsurf… ou de kitesurf! »

C’est finalement le récent magazine anglais « Foiling » qui m’a  recontacté pour publier mon article sur 8 pages dans son numéro du mois de mars. Je tiens à le partager avec vous aujourd’hui car l’histoire est intéressante.

Le récit est donc en anglais. Mais qui sait? Peut-être le retrouverez-vous dans un magazine français prochainement. En attendant, vous pourrez retrouver une toute petite partie de l’histoire sur cette page de notre site, ainsi que sur celle-ci.