LE POINT SUR LE MATERIEL DE WING

Nous vous proposons sur cette page de faire le point sur le matériel actuel disponible pour commencer ou progresser en wingfoil. Comment bien choisir son aile parmi les différents modèles, quel type de planche utiliser et surtout, quels sont les différents types de foil existants, sachant que le foil est un élément important car il est vraiment le moteur de votre futur équipement de wing.

QUELLE AILE CHOISIR?
Avant de choisir une aile, il faut prendre en compte un certain nombre de caractéristiques en termes de conception et de performance. Si à l’été 2019 il était plus facile de faire un choix parmi les 5-6 marques disponibles sur le marché, il était cependant difficile de trouver le modèle ou la surface de son choix car la disponibilité et les stocks étaient très limités. Aujourd’hui, si l’approvisionnement n’est plus un problème, le choix du modèle est devenu plus compliqué tant il existe une grande variétés de marques et de surfaces disponibles. On compte pas moins de 40 marques proposant des ailes de wingsurf sur le marché international! Pour vous aider à faire le bon choix, il faut tenir compte des critères suivants: la surface, le modèle (poignées ou wishbone) et le design. Mais tout d’abord, observons la composition des 2 principaux types de wing, avec poignées et avec wishbone.

COMPOSITION D’UNE AILE
> Avec poignées
1- Poignée du bord d’attaque
2- Poignées
3- Attaches-harnais
4- Boudin central
5- Valve de gonflage/dégonflage
> Avec wishbone
1- Bord d’attaque
2- Oreilles
3- Chute ou bord de fuite
4- Wishbone vario
5- Attache pour le leash de poignet
6- Lattes
7- Fenêtre

Une aile de wingsurf est en quelque sorte un concept hybride entre une aile gonflable de kitesurf et une voile de windsurf. On retrouve un bord d’attaque maintenu par un axe central qui peut être soit rigide soit gonflable. Ce bras de liaison donne à l’aile sa forme rigide. Les ailes gonflables avec poignées sont très simples et rapides à mettre en place, grâce à l’utilisation d’une seule valve (parfois 2) permettant de gonfler toute la structure en une seule fois. Une fois gonflée, l’aile est ainsi prête à l’emploi. Les modèles avec wishbone demandent à s’y reprendre à deux fois en terme de manipulation: il faut d’abord mettre en place le wishbone, puis gonfler le bord d’attaque, mais les petits plus de cet accessoire, c’est qu’il rigidifie l’ensemble et permet de régler le creux de l’aile. Certains modèles adoptent des bords d’attaque assez larges, d’autres plus fins. Les ailes aux bords d’attaque conséquents demandent moins de pression de gonflage pour rester rigides. À l’inverse, les ailes aux bords d’attaque plus fins requièrent une pression plus importante, ce qui peut parfois exercer plus de tension sur les coutures.

Sur les modèles avec poignées, certaines marques proposent des positions différentes, avec un minimum de 3 et jusqu’à 8 poignées. Certaines sont confortables, d’autres un peu moins. On retrouve des ailes qui intègrent des fenêtres en PVC souple de chaque côté de l’axe central. Elles permettent d’offrir de la visibilité sous le vent lorsque l’on navigue et c’est plutôt un bon point en terme de sécurité. Quelques marques ont choisi l’option de ne pas en mettre, essentiellement dans l’optique de gagner en légèreté et en rigidité de l’ensemble. Un petit détail qui a son importance également, ce sont les renforts. D’un modèle à l’autre, ils sont plus ou moins conséquents, surtout au niveau des oreilles des ailes ou sur le bord d’attaque. Les ailes sont généralement fournies avec une pompe et un leash, élément essentiel de sécurité qui relie l’aile à votre poignet, ainsi qu’un petit kit de réparation et un guide de montage. Mais ce n’est pas toujours le cas pour la pompe et pour le leash, parfois en option.

QUELLE SURFACE CHOISIR?
C’est la question principale que l’on se pose généralement dès le départ, bien avant même d’avoir choisi son modèle. Aujourd’hui, la plupart des modèles d’ailes sont disponibles dans des surfaces allant en général de 3 à 6m. Quelques marques ne proposent qu’un seul modèle intermédiaire en 4.0, mais d’autres offrent désormais des surfaces jusqu’à 9m! Pour commencer, vous allez devoir choisir une seule surface un peu « passe-partout ». Vous devez prendre en considération votre poids, les conditions rencontrées sur votre spot, mais aussi et surtout le matériel que vous aurez sous les pieds: le volume de la planche et la surface du foil. Pour faire bref, voici un tableau qui, à titre indicatif, donne les surfaces de wing recommandées pour un gabarit moyen de 65 kg.

La surface est également à adapter en fonction de votre modèle de planche. Plus la planche est volumineuse et la surface du foil portante, et plus vous pouvez diminuer en surface. À l’inverse, choisissez une aile plus grande si votre planche porte moins, de manière à bénéficier de plus de puissance pour déjauger! Idéalement, il est recommandé de commencer le wingsurf sur des flotteurs assez volumineux, surtout si vous partez sur une taille d’aile unique. L’avantage du wing, c’est que l’on peut naviguer surtoilé car il est facile de neutraliser la puissance de son aile et n’utiliser ensuite que l’élan et la vitesse générés par le foil. De plus, les ailes offrent en général de très grandes plages d’utilisation.

Pour les clubs et les écoles, les surfaces sont également à adapter en fonction de la fréquence du vent sur le spot local. On n’utilisera pas les mêmes surfaces d’ailes à Leucate qu’à Quiberon par exemple. mais en général, les 4.0 sont les surfaces intermédiaires les plus intéressantes, car elles offrent une grande plage d’utilisation, restent très compactes et très maniables, tout en délivrant un minimum de puissance.


QUEL MODÈLE?

> Avec poignées
Certaines marques avec boudin central gonflable optent pour un minimum de 3 poignées (positionnées avec précision) quand d’autres en proposent jusqu’à 8. On peut se dire ainsi que plus il y a de poignées et plus l’on aura le choix de la position des mains selon la force du vent. Cela peut cependant être déroutant au départ pour les débutants complets et notez que cela rajoute également un peu de poids à l’aile. D’un modèle à l’autre, les poignées sont également plus ou moins confortables. Certaines sont plates, d’autres plus ergonomiques, plus moins rigides et parfois rembourrées à l’intérieur avec du tissu en EVA (qui rajoute en confort) et plus ou moins larges en ouverture. Ce confort des poignées est un choix personnel que vous devrez déterminer, idéalement, en découvrant le modèle en magasin. La tendance qui se dégage est que les poignées se font de moins en moins nombreuses sur les ailes.
> Avec wishbone
Une seule marque propose actuellement un modèle avec wishbone. Duotone. C’est la première aile lancée sur le marché en juin 2019, avec ce système dont le brevet a été déposé. Le principal avantage notable est qu’il est facile pour le pratiquant de positionner facilement ses mains sur le tube rigide, ce qui permet de régler avec précision l’équilibre de l’aile sans avoir à en relâcher la pression. L’autre avantage proposé par la marque est que l’on peut régler, grâce à ce wishbone vario, la tension exercée sur le creux de l’aile. Ainsi, sans avoir à revenir à terre, il est possible de diminuer ou ajouter de la puissance à son aile en un instant. Si l’ensemble est ainsi plus rigide que sur des modèles 100% gonflables, notamment pour les grandes surfaces, ce système peut cependant paraitre un peu plus lourd dans la prise en main et paraitre moins équilibré et moins neutre en mode surf. Pour les clubs, c’est un modèle intéressant car très intuitif pour le placement des mains.


AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS : POIGNÉES vs WISHBONE

Une seule marque propose un système de wishbone sur ses ailes. Toutes les autres marques offrent un boudin central gonflable avec des poignées pour tenir l’aile.
Voici en gros les avantages et inconvénients de chacun:

> Aile avec wishbone:
+ La prise en main est plus précise
+ Le wishbone apporte plus de rigidité à l’ensemble
+ Très intuitif pour première prise en main
+ Le système vario à l’écoute permet de régler le creux de l’aile selon la force du vent
– L’aile est moins légère qu’un modèle avec poignées
– Le wishbone peut abimer le flotteur en cas de chute ou en remontant sur la planche
– Profil moins stable en mode « surf »

> Aile avec poignées:
+ Rapidité et facilité d’emploi
+ Légèreté de l’ensemble
+ Pas de risque d’abimer sa planche
+ Neutralité totale en mode « surf »
+ Sac de transport très compact
– Profil parfois trop souple selon les modèles et surfaces
– Prise en main moins facile s’il y a trop de poignées
– Poignées pas toujours bien placées


QUEL DESIGN?
Certaines ailes sont dotées d’un bord d’attaque dont le diamètre est important. Elles nécessitent une pression de gonflage généralement moins importante que les ailes dotées de bords d’attaque de plus petit diamètre. Certains modèles ont également un profil plus ou moins creux. En règle générale, les profils plus creux ont tendance à générer plus de puissance et peuvent avoir une portance plus positive en mode « surf ». Les profils moins creux peuvent donner l’impression d’une plus grande puissance tout en offrant une capacité supérieure à remonter au vent avec un meilleur rendement et des angles plus élevés. Selon le design, certaines ailes peuvent sembler plus compactes ou plus élancées. Avec des profils compacts, on a moins de chance que les oreilles de l’aile touchent dans l’eau alors qu’avec des profils plus élancés, on peut naviguer avec de plus grandes surfaces pour une meilleure remontée au vent.

Certains modèles intègrent des fenêtres en PVC souple pour offrir plus de visibilité sous le vent, ce qui est idéal dès lors que l’on entame une manoeuvre. Certaines marques n’en mettent pas pour gagner en légèreté et obtenir des profils plus rigides. L’inconvénient des fenêtres est que souvent, celles-ci sont mal placées – donc inutiles pour offrir une bonne vision sous le vent- et que le matériau PVC peut mal vieillir à force de plier/déplier l’aile. Certaines marques ont fait le choix de supprimer les fenêtres sur leur V2 de leur wing tandis que d’autres ont fait le choix inverse. Une chose est sûre cependant: en termes de performances pures, une aile sans fenêtres est plus nerveuse au « pumping » mais aussi plus légère en main. Pour finir, vous pouvez porter votre choix sur un modèle qui permet de fixer des attaches-harnais pour vous accrocher sur de longs bords. La plupart des marques intègrent cette option, mais pas toutes (plus d’infos dans « accessoires » en bas de page).


LES ACCESSOIRES

> Quels types de leashes d’ailes sont les plus adaptés?
Les leashes de type « téléphone » sont relativement appropriés car ils n’ont pas tendance à s’enrouler au tour du cou lorsque l’on remonte sur sa planche. Ils peuvent cependant parfois être trop épais et un peu gênant dans les transitions. Le leash fin de type « élastique » semble le plus idéal, s’il n’est pas trop long non plus (90 cm max.). Vérifiez si cet accessoire est fourni avec l’aile car ce n’est pas toujours le cas.

> Quelle pompe?
Les pompes que l’on utilise pour gonfler son aile de kitesurf ou son paddle peuvent convenir. Cependant, vérifiez avant d’acheter votre aile que celle-ci est fournie avec. Si ce n’est pas le cas, regardez quel type d’embout est nécessaire pour gonfler votre aile car d’une marque à l’autre, les systèmes de valve sont différents. Ainsi, l’embout de la pompe pour votre SUP ou votre kitesurf n’est peut-être pas forcément adaptable sur la valve votre future aile! S’il existe un ou deux embouts standard entre la plupart des marques, le système Duotone est unique. Sinon, certaines marques intègrent un adaptateur dans le sac de l’aile.

> Bouts de harnais. Utiles ou pas?
C’est une question que beaucoup se posent aussi. Est-ce utile d’avoir des attaches sur l’axe central pour y accrocher des bouts de harnais? Franchement, cette option n’est pas une priorité au départ car les ailes sont tellement peu physiques que les efforts ne sont pas aussi importants qu’en windsurf ou en kitesurf. Si l’on pratique le wingsurf en mode « surf » ou « downwind » en effectuant des bords courts pour descendre la houle ou surfer les vagues, il est inutile de s’accrocher au harnais. On peut privilégier l’option si l’on souhaite tirer de longs bords et caler parfaitement son aile pour remonter au vent, plutôt dans l’optique d’une utilisation « freeride ». Pour l’instant, on voit très peu de riders en utiliser, d’autant que la boucle du harnais peut être gênante lorsque l’on doit remonter sur la planche. Et puis cela enlève finalement une partie de cette appréciable « liberté » dans les mouvements. En wingsurf, on n’a pas envie de s’encombrer! L’utilisation du harnais se généralisera certainement quand les ailes deviendront plus performantes et que les compétitions de type course-racing verront le jour, avec de longs parcours et de grands bords à tirer.

QUELLE PLANCHE?
Le plus difficile lorsque l’on commence en wing, c’est surtout de savoir si l’on doit acheter la planche dont on a besoin en tant que débutant, ou si l’on doit sauter une étape et acheter la planche que l’on utiliserait en tant qu’intermédiaire. La décision doit vraiment tenir compte de son niveau, de son poids mais aussi des conditions rencontrées sur son spot et de son choix de pratique: premiers pas, freeride, surf… Zapper l’étape de la planche réellement adaptée pourrait ainsi entraîner de la frustration chez certains ou les dégoûter de ce sport!
Si au début du wingfoil, on faisait ses premiers vols sur des planches spécifiquement dédiées au SUPfoil dans les 120 litres, les marques proposent désormais des modèles dédiés au wingfoil avec des volumes inférieurs.


PLANCHE DE SUP, WINDSURF, WINGSUP OU WINGFOIL?
> Pour débuter, sans foil

Aujourd’hui, on peut faire ses premiers pas sur une planche à voile – sans foil donc – équipée d’une dérive ou d’un aileron central. On peut également débuter sur un stand up paddle stable entre 280 cm et 360 cm environ et avec du volume, plus ou moins 200 L, ou un windSUP (stand up paddle équipé d’un aileron central). Pour s’initier et comprendre le fonctionnement de l’aile, ces supports sont parfaits. Les stands up paddle gonflables ne sont cependant pas du tout conseillés. Leurs rails ronds et hauts sur l’eau ne facilitent pas la remontée au vent et vous ne feriez que dériver, contrairement à un SUP rigide aux rails plus fins et accrocheurs sur lesquels vous pourrez vous appuyer. Mais l’idéal reste un support large, volumineux et équipé d’une dérive centrale.
> Pour commencer, directement avec un foil
On peut directement débuter en wingfoil – avec une planche équipée d’un foil donc – mais c’est cependant plus technique si l’on n’a jamais pratiqué de foil auparavant (en kitefoil, supfoil, windfoil…). Dans ce domaine, la grande tendance est aux flotteurs plutôt compacts, larges, mais avec suffisamment de volume pour déjauger facilement, tout en restant maniables et réactifs à la fois. On peut donc s’orienter également vers des planches dédiées au SUPfoil (hybrides SUPfoil/wingfoil) et au wingfoil (100% wingfoil).

Cependant, attention! L’erreur principale constatée chez les nouveaux adeptes en wing est de partir sur un modèle de planche trop peu volumineux. Pour débuter en wingfoil, la planche doit garantir un minimum de flottabilité pour pouvoir monter dessus, s’agenouiller sans perdre l’équilibre en tenant l’aile, puis permettre de se mettre debout facilement. Les modèles de planches peu volumineuses (wingfoil/surf foil) s’adressent à des riders plus expérimentés, ayant déjà pratiqué le foil dans d’autres disciplines.

QUEL VOLUME?
Le volume d’une planche dédiée peut varier selon le gabarit et le niveau de pratique de chacun. Si vous choisissez de commencer sur un stand up paddle, le volume doit se situer autour des 200 L. Si vous optez pour une planche spécifique équipée d’un foil, l’idéal est de commencer avec un modèle relativement stable d’environ 120 L. en moyenne. Cela vous permettra de garder l’équilibre sur la planche et de vous concentrer essentiellement sur la gestion de votre aile et du foil.
Pour l’achat d’une planche de wingfoil, voici la bonne équation:
Prenez en compte votre poids:
> Si vous êtes débutant, ajoutez + 40 L. pour obtenir le volume idéal.
> Si votre niveau est intermédiaire, ajoutez +10 L.
> Si vous êtes d’un niveau avancé, vous pouvez au contraire enlever de 10 à 15 L.

QUEL DESIGN?
Fabriquées pour la grande majorité en sandwich époxy/carbone, les planches de wingfoil actuelles sont relativement légères, entre 4 et 7 kg, avec des tailles variant de 140 cm à 200 cm. Nous ne nous attarderons pas sur les détails techniques des shapes pour le moment car ils sont sensiblement tous les mêmes aujourd’hui. Mais la longueur, la largeur, la forme globale, la conception des rails et les poignées de transport sont autant de caractéristiques supplémentaires à prendre en compte lorsqu’on veut choisir sa planche de wingfoil. En fait, plus la planche est compacte, plus les performances sont réactives. La plupart de ces modèles sacrifient donc la longueur en transférant le volume de la planche dans son épaisseur et sa largeur. Ce qui est sûr, c’est que plus c’est large et plus c’est stable, ce qui est très utile lorsque l’on se retrouve à genoux pour démarrer!

Petit détail qui a son importance: ces planches compactes sont munies d’une poignée de transport insérée au milieu du pont, comme sur les stands up paddle. Sur les modèles plus récents, cette poignée a été judicieusement placée sur la carène près de l’embase du foil. Ce détail permet désormais de transporter facilement sa planche, avec le foil et le mât pointant vers l’extérieur.

Quelques marques commencent aussi à proposer des modèles gonflables dédiés à la pratique. Inspirées de la technologie utilisée pour les stands up paddle gonflables, ces planches restent rigides et sont surtout peu encombrantes une fois dégonflées. F-One et Naish sont les premières marques à proposer de tels modèles disponibles en shop. Pour des clubs, elles présentent de gros avantages en matière de solidité dans le temps, de rangement et de sécurité. À l’avenir, il est certain que cette technologie va fortement se développer et que de nombreuses marques intègreront dans leurs gammes des modèles gonflables spécifiques au wingfoil.

FOOTSTRAPS OU PAS?
Certains modèles de planches de wingfoil proposent des inserts où l’on visse 2 à 3 footstraps pour y mettre ses pieds. En position simple, décalée ou en Y sur l’avant, les choix sont divers. Les straps peuvent être utiles par exemple, pour y caler le pied avant et ainsi aider à soulever sa planche lors du « pumping » pour déjauger (effet de levier). Certains riders les apprécient également pour pouvoir envoyer des sauts ou pour être calés en surf, quand d’autres les trouvent gênants pour une simple pratique « freeride ». Le choix des footstraps est surtout une option personnelle.


LES ACCESSOIRES
Le leash qui vous relie avec votre planche est obligatoire. Ne sortez jamais sans! Il existe 2 types de leashes: les modèles longs de type « surf » en uréthane – qui s’attachent généralement à la cheville ou au mollet, et les modèle de type « téléphone » en uréthane également, mais que l’on peut attacher à la taille. L’avantage de ce dernier est qu’il ne s’emmêle pas dans les pieds et ne traîne pas dans l’eau (et donc, il n’accroche pas les algues qui envahissent parfois certains spots). Certaines marques proposent également des modèles « larguables » pour offrir un plus en matière de sécurité.

TOUT SAVOIR SUR LE FOIL
Plus que le choix de l’aile de wing et de sa surface et plus que le choix du volume de sa planche, choisir le bon foil est un critère très important. Il faut savoir que c’est en partie grâce à ces foils spécialement développés pour descendre la houle du large sur des stands up paddle que le wingfoil est né (voir l’article sur l’historique du wing). Ces nouveaux types de foils offraient plus de portance avec un aspect ratio généralement peu élevé, mais surtout des ailes avant très « porteuses » comparé aux foils développés pour le windfoil et le kitesurf qui eux, offrent beaucoup moins de portance à la base et sont plus optimisés pour aller vite. Si vous êtes déjà pratiquant, vous connaissez alors les tenants et aboutissants concernant les types et modèles de foil pour le windfoil, le supfoil ou le kitefoil. C’est plus ou moins la même chose pour les modèles aujourd’hui dédiés au wingfoil, car ils se déclinent désormais en plusieurs surfaces, designs et programmes.

FONCTIONNEMENT D’UN FOIL
Le principe de fonctionnement d’un foil est à la fois simple et intriguant. C’est intriguant car un objet visiblement si simple est d’une efficacité redoutable pour se déplacer sur l’eau. Et c’est simple, car il s’agit juste de comprendre qu’en se déplaçant dans l’eau, compte tenu de l’inclinaison des ailes et de leurs formes bombées, le foil déplace un volume d’eau en créant une différence de pression entre les deux faces de ces ailes. En effet, le bord d’attaque produit une déviation du flux d’eau qui est ensuite aspiré vers le bord de fuite en accélérant pour, en quelque sorte, rattraper son retard. Puisque la pression d’un fluide diminue avec sa vitesse, une dépression se crée sur la face du foil où se produit cette accélération (l’extrados) par rapport à la face opposée (l’intrados). Cette dépression attire le foil en créant la portance. Pour info, ce même principe s’applique aux wings qui sont en fait comme des foils « aériens »[1].

[1] À faible vitesse, l’air est considéré comme un fluide incompressible, tout comme l’eau.

COMPOSITION D’UN FOIL
Un foil est composé d’une aile avant et d’un stabilisateur arrière, montés sur un fuselage. Cet ensemble est relié à ce que l’on appelle le mât. Le paramètre le plus important est l’aile avant dont le profil, la surface, l’épaisseur mais aussi l’aspect ratio ont une forte influence sur la portance et le comportement de l’aile en termes de vitesse, stabilité et maniabilité. La longueur du mât influe également sur la manière de naviguer : un mât plus court est plus facile pour débuter, tandis qu’un mât plus long permet de prendre plus de hauteur et d’éviter de toucher la surface. Beaucoup de ces pièces sont interchangeables et souvent vendues au détail, dans différentes formes et surfaces.

1- Aile avant

2- Fuselage

3- Stabilisateur

4- Mât

5- Platine (ou boîtier)

QUELLE SURFACE D’AILE?
Les pratiquants de wingfoil s’orientent généralement dès le départ vers une aile avant assez volumineuse dans l’optique de pouvoir déjauger rapidement. En effet, un foil avec une surface d’aile importante vous permettra de décoller très tôt, mais il deviendra plus difficile à contrôler du fait qu’il aura tendance à vouloir sortir de l’eau et se cabrer avec peu de vitesse. Ainsi, les foils avec des ailes avant de plus de 2000 cm² de surface peuvent sembler faciles car stables latéralement, mais ils deviennent techniques lorsque l’on prend de la vitesse. À l’opposé, un foil avec une surface d’aile moins importante (1500 cm² et moins), manquera d’appui pour décoller et sera plus technique dans les transitions. Le bon compromis est une surface entre 1600 cm² et 1900 cm² en fonction de votre gabarit et de votre expérience. Pour résumer, profil avec plus de surface = plus de portance, moins de vitesse. Profil plus fin = plus de vitesse, moins de portance. Mais il faut également savoir que le profil, la surface, l’épaisseur, la longueur et la largeur de l’aile avant sont des éléments importants qui influent aussi sur la vitesse, la stabilité et la maniabilité.
Pour résumer, à titre d’exemple:

QUELLE LONGUEUR DE MÂT?
La taille du mât est aussi à prendre en compte. Il est plus facile de trouver son équilibre avec un mât relativement court (de 60 à 70 cm). Les pratiquants avec de l’expérience en windfoil, en kitefoil ou en SUPfoil pourront s’orienter vers un mât plus long (de 70 à 90 cm). Pour débuter, un mât plus court est plus sécurisant. Lorsque l’on perd le contrôle de la hauteur de vol, le décrochage se produit plus tôt et on tombe de moins haut. Cependant, un mât plus long est nettement plus confortable pour naviguer dans le clapot car il permet de passer les vagues sans avoir cette mauvaise sensation que l’aile va « ventiler » ou que la carène va toucher. Pour débuter, un mât d’environ 75 cm est une bonne longueur mais une fois les premiers vols maîtrisés, il ne faut pas hésiter à passer sur un mât plus long (ex. 90 cm). Pour surfer les vagues et pour faire des sauts, un mât plus court permet aussi de gagner en maniabilité et de pouvoir évoluer dans de l’eau moins profonde. Dans ce cas, revenir sur un mât de 75 cm peut être intéressant.



QUELLE LONGUEUR DE FUSELAGE?

Il existe également plusieurs longueurs de fuselage. En général, les longueurs standard sont 65, 75, 80 et 90 cm. Sur un même modèle de foil, un fuselage plus long permettra de naviguer mieux « calé », mais au détriment de la réactivité du foil. Pour faire de long bords de freeride, un fuselage plus long est intéressant, tandis que pour s’engager dans des vagues pentues et tourner court, un fuselage plus court sera idéal. De plus, un fuselage plus court réduit votre « zone de confort » sur la planche, vous obligeant à être ainsi plus fin sur vos appuis. Il est donc conseillé d’éviter de prendre un fuselage trop court pour débuter.
QUEL DESIGN?

Les termes « high aspect » et « low aspect » se réfèrent à « l’aspect ratio » (en anglais) ou « allongement » (en français) de l’aile. Celui-ci est calculé en divisant le carré de l’envergure par la surface portante. Plus simplement, à surface égale, une aile « high aspect » se caractérise par une grande envergure et une faible corde ; une aile « low aspect » se caractérise par une envergure réduite et davantage de corde.
> « LA » pour « Low Aspect »
Les ailes « low aspect » sont généralement plus épaisses et relativement compactes en envergure. Elles présentent l’avantage de porter à très faible vitesse par rapport à leur surface, mais elles saturent rapidement en vitesse.
> « HA » pour « High Aspect »
Les ailes « high aspect », souvent plus fines, plus allongées en envergure et nécessitent un peu plus de vitesse pour décoller et se maintenir en vol. Paradoxalement, les ailes « high aspect » étant plus hydrodynamiques, elles conservent mieux leur vitesse et une fois en vol, nécessitent moins de puissance pour se maintenir. 
Ainsi, alors que la surface d’une aile de 100 cm de large peut varier entre 1300 cm2 pour une aile « high aspect » et 2000 cm2 pour une aile « low aspect », ces deux ailes correspondent pourtant à une même utilisation pour le vent faible. La première sera plus technique à faire décoller et à maintenir en l’air dans les jibes, mais elle saturera moins vite en vitesse, permettant d’augmenter le confort de navigation de votre wing en plage haute. La seconde sera plus facile à faire décoller – surtout pour un débutant – et permettra d’apprendre les jibes et virements de bords plus sereinement. Mais elle saturera en vitesse et vous donnera rapidement l’impression d’être limité lorsque le vent monte.
Pour les toutes premières sessions, pour quelqu’un qui n’a jamais pratiqué le foil, une aile « low aspect » de grande dimension (ex. 100 cm de large, 2000 cm2) aide beaucoup dans la progression. En revanche, si vous avez déjà volé sur d’autres supports (ex. windfoil, kitefoil), il peut être intéressant de s’orienter directement vers une aile « high aspect ». De même, si vous avez déjà un excellent niveau en windsurf ou kitesurf et que vous avez des conditions idéales pour débuter la wing (vent modéré à fort et plan d’eau plat), vous pouvez directement passer sur une aile « high aspect ».


QUEL MATÉRIAU?

Le carbone, la fibre de verre ou l’aluminium sont les matériaux les plus répandus. Lorsque l’on parle de foils en aluminium, on se réfère à l’ensemble mât-fuselage, les ailes étant toujours en matériaux composites. Il existe également des modèles sur lesquels seul le mât, ou seul le fuselage, est en aluminium. Le reste étant en carbone. Bien que le carbone semble à priori plus « noble » que l’aluminium, cela ne garantit pas un foil plus performant. En effet la performance se trouve dans les profils des ailes, des mâts et des fuselages, dans leur rigidité, dans la précision des ajustements entre les différentes pièces, et dans le poids. Un modèle carbone n’est donc pas automatiquement plus performant qu’un modèle en aluminium. L’avantage de l’aluminium étant de pouvoir obtenir un excellent rapport rigidité/prix ce qui permet, par exemple, de posséder deux longueurs de mât différentes sans se ruiner.

QUEL BOITIER?
Actuellement, la plupart des planches de wingfoil sont équipées de « double rails US ». Ces rails offrent l’avantage de pouvoir modifier la position du foil et sont très bien adaptés aux mâts en alu. Les boitiers quant à eux sont généralement associés à des mâts carbones, l’ensemble mât/boitier étant plus facile à mouler. L’avantage des rails US est qu’ils possèdent des écartements standard. Autrement dit, tous les foils avec une platine peuvent être montés sur un double rail US. D’autres boitiers comme les Tuttle, Deep Tuttle, Probox ou KS box ne sont pas compatibles entre eux. Ces boitiers étant souvent très ajustés, il peut être parfois nécessaire de poncer le talon du foil pour l’adapter à son boitier ou à l’inverse, d’avoir besoin de le « caler » si l’ajustement n’est pas parfait. Enfin, le problème des boitiers est aussi leur installation délicate sur des planches fines (ex. surf foil, kitefoil), d’où un certain engouement pour le système à platine car ce dernier permet d’autant plus d’utiliser les mêmes mâts/fuselages pour plusieurs disciplines.

Vous voici désormais relativement bien informés pour choisir votre quiver de wing! Nous espérons avoir répondu à beaucoup de vos questions, même s’il n’est pas évident de tout exposer en un seul article tant le matériel de wingfoil évolue rapidement. Aussi, n’hésitez pas à nous écrire si vous avez des questions supplémentaires concernant l’équipement. Si nous n’avons pu tester beaucoup de modèles de planches et de foils, nous avons cependant essayé pas moins de 19 ailes disponibles sur le marché français! Alors n’hésitez pas à nous solliciter à ce sujet après avoir lu le compte-rendu de nos tests sur cette page en nous envoyant un email.

Rédigé par Steve Palier/Association Wing Riders, avec la collaboration d’Eric Terrien pour la partie foil.
Images © F-One/Dwyer – Erik Aeder – Duotone – Nico Dodane – Steve Palier – Axis – Naish

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